En consultant notre site, vous consentez à ce que des cookies soient utilisés à des fins fonctionnelles, d'analyse et de publicité.

Dossiers

Peugeot 504 coupé : la roturière en robe de soirée

Peugeot et Pininfarina, c’est une longue histoire d’amour qui débuta avec la 403. Une première collaboration réussie qui conduira le constructeur de Sochaux, à consulter le carrossier pour ses autres projets.

La tradition sochalienne

La famille 404 fait partie de ces projets, avec pour la première fois des déclinaisons coupé et cabriolet qui s’écartent du style de la berline. Des faux - airs de Ferrari qui séduisent. Alors quand il a été question de développer sa remplaçante, le renouvellement des coupé et cabriolet faisait sens.

Dans un contexte social houleux, la nouvelle berline de chez Peugeot est présentée en septembre 1968. La 504 n’innove pas techniquement avec toujours la même architecture propulsion et moteur en position longitudinale-avant. Mamie disait, « C’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure soupe ! ». En revanche, stylistiquement parlant, il y a une certaine rupture. C’est toujours une berline tricorps, mais le traitement de la partie arrière diffère avec une partie plongeante et tronquée.

La lignée 504 embrasse les années 1970 pour devenir un succès, écoulé à plus de 3,7 millions d’exemplaires. Pour asseoir sa notoriété, il fallait des véhicules images, à même de véhiculer du rêve (et ne pas faire tache devant un palace parisien). Cette réflexion a été menée dès le début de la conception avec l’apparition en mars 1969 des déclinaisons coupé et cabriolet signées Pininfarina.

Peugeot 504 coupé 01
Peugeot 504 coupé 02
Peugeot 504 coupé 03

La touche italienne

Du nom 504, elles n’en partagent que les soubassements en étant radicalement différentes dans le dessin. Si les versions exotiques des 403 et 404 ont un lien évident avec la berline dont elles dérivent, ici le style s’éloigne pour offrir une robe élégante et sobre. Jugée même fade à sa sortie, la 504 coupé est aujourd’hui l’une des plus belles créations de chez Peugeot.

Une ligne équilibrée qui a pu voir le jour en raccourcissant l’empattement de 19 cm, chose qui n’avait pas pu être faite pour ses devancières.

Une ligne pure, un intérieur très bien équipé à la fois chic et sportif. La 504 plaît dans les beaux quartiers. Sa cible, la bourgeoisie qui aime le confort et les petits fours (au foie gras du Gers peut- être).

Peugeot 504 coupé 04
Peugeot 504 coupé 05

Sous le capot, on retrouve des moteurs modestes issus de la berline. Le premier millésime ne propose qu’un seul moteur, le 4 cylindres 1.8 L de 90 ch avec une boîte manuelle à 4 rapports. Ni noble, ni sportif, la 504 manque d’un vrai moteur qui justifie le surcoût de 40% par rapport à la berline.

À carrosserie noble, moteur noble (ou pas)

La gamme évolue au fil des années pour attirer de nouveaux clients, à l’instar de la boîte automatique ZF en 1971 de plus en plus prisée sur certains marchés. Cette même année apparaît le nouveau moteur 4 cylindres 2.0 L de 104 ch. L’année 1974 voit apparaître un moteur qui parait, sur le papier, enfin à la hauteur du standing recherché. C’est le tout nouveau V6 PRV 2.6 L, développé conjointement avec Renault et Volvo. Cependant, sa faible puissance de 136 ch et sa conception issue d’un projet de V8 avorté, font qu’il n’a jamais eu la noblesse, ni la sportivité d’un V6 italien. Mamma Mia, quel sacrilège ! Le V6 PRV est assez rugueux et ne délivre pas beaucoup d’émotions, ce qui condamne la 504 à la catégorie grand tourisme. C’est bien dommage en sachant sa tenue de route hors pair.

Peugeot 504 coupé 06
Peugeot 504 coupé 07

Choix curieux, le V6 a remplacé pendant un temps les moteurs 4 cylindres alors que la crise pétrolière faisait rage. Une volonté de montrer que la 504 coupé était vraiment le haut de gamme, mais c’est surtout la plus belle façon pour faire stresser son banquier qui contemple les comptes de l’entreprise virés au rouge. Avec une consommation élevée tournant à 20 L au 100 km et un tarif salé, Peugeot s’est tiré une balle dans la jante et les ventes faiblissent ce qui pousse le constructeur à réintroduire la version 2.0 L en 1977, avec une puissance portée à 106 ch. À cette période, le V6 adopte aussi une injection électronique K-Jetronic (version Ti) lui donnant des performances accrues (144 ch et 190 km/h en V-max) pour une consommation abaissée, surtout grâce à la nouvelle boîte 5 vitesses. Cette boîte sera généralisée à toutes les motorisations en 1979.

Pas besoin de botox

Pour la partie style, le merveilleux coup de crayon a su traverser la décennie 1970 sans grandes modifications. En 1974, les phares et feux ne sont plus qu’en un seul bloc, la calandre évolue également avec l’abandon du lion bronzé et des barrettes chromées au centre. Cette dernière évoluera une dernière fois en 1979. L’évolution de la mode entraîne l’apparition des pare-chocs disgracieux en polyuréthane, à la place des chromés en 1979. On n’a jamais dit que suivre la mode, c’était avoir du bon goût... Heureusement, ils étaient disponibles en couleur caisse sur les peintures métallisées, ce qui sauvera la ligne générale.

Peugeot 504 coupé 08

L’agencement intérieur évolue plusieurs fois au cours de sa carrière avec l’apparition du compte- tours en 1970 et d’une casquette avec cinq compteurs en 1981.

Peugeot 504 coupé 09
Peugeot 504 coupé 10

Le cabriolet suit les principales modifications avec ses propres échéances. Ainsi, la boîte auto n’est plus disponible en 1972 et le V6 ne reste au catalogue que trois ans, ce qui en fait le modèle le plus rare, diffusé à seulement 977 exemplaires. Le premier qui trouve un beau cabriolet V6 à prix raisonnable, a gagné (toute notre gratitude) ! C’est un excellent jeu à pratiquer en famille qui change du Monopoly.

Le lion dans la savane

La réputation de robustesse des Peugeot n’était plus à faire et la 504 a vraiment marqué les esprits, notamment, dans les pays africains avec la participation à de nombreux rallyes. On se souvient de la victoire en 1978 de l’équipage Nicolas-Lefebvre au redoutable Safari Rally et du doublé au rallye de Bandama avec Jean Todt. Aujourd’hui, elle reste assez présente au départ des compétitions historiques. On a une folle envie de faire comme Jeannot ! Peut-être bientôt...

Au terme de 14 années de carrière, en 1983, les 504 coupé et cabriolet se sont écoulées à 22 975 exemplaires. Un bilan mitigé, la faute sûrement à un positionnement douteux. Elle aurait mérité une version plus épicée. Cette même année, elles laissent un vide dans la gamme qui ne sera comblé, après l’abandon des 505 coupé et cabriolet, qu’avec l’intemporelle 406 coupé signée Pininfarina également. La première version avec des feux en forme de griffes est la plus pure et prisée en matière de style, mais la version V6 reste toujours un Graal pour une voiture plaisir. Ce n’est pas pour rien que Peugeot s’est inspiré brillamment de sa ligne emblématique pour le concept E-Legend. La 504 coupé a encore de belles années devant elle.

Peugeot 504 coupé 11
Peugeot 504 coupé 12

    Laisser une réponseAnnuler la réponse